La langue française n’a jamais juré fidélité à la simplicité. L’affaire du jour : écrire « en tout cas » ou « en tous cas » ? Derrière cette hésitation, une bataille feutrée se joue sur les bancs de l’orthographe. Il suffit d’un courrier professionnel ou d’un message personnel pour que le doute s’invite, piquant la fierté de celles et ceux qui rêvent d’un sans-faute. Voyons donc comment s’y retrouver.
Définition de l’expression
Remontant au moins au XVe siècle, « en tout cas » signifie tout simplement : peu importe la suite, quoi qu’il advienne. C’est la formule que l’on dégaine pour clore une discussion ou pour souligner une certitude. Si le Petit Larousse illustré 2018 accepte les deux versions, la réalité de l’usage penche nettement pour le singulier. Même constat dans le Petit Robert : les deux formes sont répertoriées, la signification reste la même. Pourtant, il faut l’admettre : l’orthographe « en tous cas » se fait de plus en plus discrète, presque reléguée au rang de rareté. La forme avec « tout » s’emploi donc au quotidien, avec la même valeur que « quoi qu’il en soit ».
Pour donner un aperçu des deux options, voici ce que retiennent les dictionnaires et la pratique :
- « En tout cas » : la tournure la plus courante, utilisée dans tous les registres.
- « En tous cas » : forme vieillissante, que l’on croise rarement, sauf chez les amoureux de la nuance ou dans certains écrits littéraires.
La règle d’orthographe
Les écrivains classiques jonglaient parfois entre les deux formes, mais la question reste : laquelle privilégier aujourd’hui ? Première certitude, le mot « cas » demeure invariable, qu’il désigne un ou plusieurs cas. La vraie subtilité concerne le mot « tout » : au singulier, il marque l’unicité, au pluriel, il s’accorde avec la variété des situations.
Pour illustrer l’usage du singulier, deux exemples concrets :
- En tout cas, je suis fière de toi.
- En tout cas, une immense résidence cessa d’être considérée comme plus belle que la tour Eiffel.
En revanche, dans l’esprit d’énumération ou de généralisation, la forme plurielle prend le relais. C’est le cas lorsque l’on veut évoquer différentes possibilités :
- En tous cas, certains joueurs n’iront pas sur la pelouse ce soir.
- Nous pouvons nous rendre sur le terrain mercredi, jeudi ou vendredi : dans tous les cas, il pleut.
On notera que « en tous cas » dérive de la locution « dans tous les cas » : une manière de multiplier les issues sans perdre le fil. Si vous hésitez, la version singulière reste la valeur sûre du quotidien.
Astuce pour tout retenir
Rien ne vous empêche d’utiliser l’une ou l’autre, mais pour éviter tergiversations et hésitations, mieux vaut adopter « en tout cas » au singulier. Un moyen simple de s’y retrouver consiste à remplacer « cas » par « circonstance » : on dira « dans toutes les circonstances » si l’on souhaite accorder « tout » au féminin pluriel. Même principe au masculin. En gardant ce repère en tête, la confusion s’efface : vous savez désormais choisir la bonne formule, et surtout, vous comprenez pourquoi.
Synonymes de « en tout cas »
Pour enrichir son vocabulaire ou éviter les répétitions, plusieurs expressions jouent le même rôle que « en tout cas ». Voici une sélection parmi les alternatives possibles :
- quoi qu’il en soit
- de toute façon
- qu’importe
- de toute manière
- cependant
- mais
- toutefois
- après tout
- en fin de compte
- finalement
- malgré tout
- pourtant
- tout du moins
Maîtriser ces nuances, c’est s’offrir la liberté d’exprimer chaque situation sans jamais trébucher sur l’orthographe. À chacun de choisir sa variante, mais la langue, elle, n’a pas fini de surprendre.

