L’anniversaire de la défaite de
l’Allemagne nazie a donné lieu à une série de
commémorations en Europe, aux Etats- Unis, en Russie qui
reflètent moins le souvenir que les préoccupations
actuelles des dirigeants des différents Etats. La
mémoire de la victoire a fait resurgir une autre mémoire
moins glorieuse celle là, qu’il serait dangereux
d’occulter.
NDLR:
Ce document intéresse plus spécialement les Français
mais rend compte des frustrations qui ont précédé les
guerres de décolonisation et se sont manifestées au
lendemain du deuxième conflit mondial.
Relisant les carnets de guerre de mon père,
l'historien Jacques Godechot, alors mobilisé comme
lieutenant de réserve à l'Etat-Major de la subdivision
de Versailles, je trouve cette note : " 15 décembre 1944
: à Versailles, émeute des Nord-Africains qui ont deux
tués et 5 blessés. Ils ont pris deux commandants de
gendarmerie et 40 gendarmes qu'ils gardent en attendant
qu'on libère trois des leurs arrêtés hier soir
".
Jacques
Godechot (1907 - 1989), docteur es lettres, professeur
d'histoire à l'Ecole navale (1935 - 1939), professeur
d'histoire moderne et contemporaine à la faculté des
lettres de Toulouse, puis doyen de cette faculté, (1945
-
1980). Jacques Godechot historien de la Révolution française et
de l'Empire, auteur de nombreux ouvrages dont au moins
deux ont retenu l'attention du général de Gaulle
et d'un long article sur " Charles de Gaulle,
historien de la Révolution française " a
tenu un journal quotidien durant les cinq années de la
deuxième guerre mondiale. Il paraît intéressant de voir
la façon dont l'historien qui n'a pas quitté la
métropole, a perçu la France libre et son chef de 1940 à
1943.
Lors de son apparition en France,
dans les années 1890, le parti colonial ou
"coloniste" est moins une organisation structurée
qu'un conglomérat de groupes et d'associations, comme le
Comité de l'Afrique française, fondé en 1890 par
d'Arenberg, directeur du Journal des Débats, suivi de
comités parallèles pour l'Asie et l'Océanie françaises,
pour le Maroc et Madagascar. Le
16 mars 1904, le texte des accords négociés par
Lansdowne et Cambon est présenté à Delcassé. Il ne fait
objection que sur un article promettant le soutien de la
France à la politique égyptienne de l'Angleterre. On
décide alors d'insérer un article supplémentaire,
assurant la France du soutien de l'Angleterre à sa
politique marocaine. Le 8 avril, les accords sont
signés. Ils comportent deux déclarations, une convention
et cinq articles secrets.